14 DESAPPRENDRE C'EST ACCEPTE D'APPRENDRE AUTREMENT : ARROSAGE
JARDINER C'ETAIT MIEUX AVANT
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AVRIL 2026
- Arrosage :
L’arrosage, est aussi vieux que le jardinage,
il est un des principes fondamentaux de l’art des jardins.
Son but est de compenser la perte quotidienne d’eau due à l’évapotranspiration.
Le terme arrosage est réservé aux jardins, les grandes cultures utilisent le terme irrigation.
Durant des années, en occident,
on ne se préoccupait pas des ressources en eau « inépuisables » aux dires de certains,
on arrosait un point c’est tout.
Aujourd’hui face au changements et dérèglements climatiques,
à la baisse du niveau des nappes phréatiques, aux températures caniculaires,
on doit optimiser et adapter ses arrosages en fonction des besoins spécifiques des plantes et du sol.
- Quelques règles de base à connaitre et à respecter :
-Utiliser de préférence de l’eau de pluie, à température ambiante.
Installer pour cela des récupérateurs d’eau.
-Les plantes issues de semis
possèdent des systèmes racinaires plus profonds que des plantes de boutures.
-Arroser de préférence le matin ou le soir, jamais aux heures les plus chaudes,
Les plantes n’assimilent pas l’eau en cas de grosses chaleurs.
-Eviter de mouiller le feuillage pour éviter les brulures dues au soleil.
-Arroser une fois abondamment plutôt que tous les jours un petit peu.
-Eviter de détremper le sol, qui risque d’étouffer les plantes.
- Différents types d’arrosages :
Il existe différents types d’arrosages et d’arroseurs qui ont évolué au fil des années.
Dans l’Egypte ancienne, on puisait l’eau des fleuves à l’aide de « chadouf », appareil à bascule.
La noria appelée également roue d'irrigation ou roue à godets,
désigne originellement une machine hydraulique
permettant d'élever l'eau en utilisant l'énergie produite par le courant,
afin d'irriguer des cultures ou alimenter des acqueducs.
Les maures, qui maitrisaient merveilleusement l’eau dans leurs jardins andalous
grâce à des bassins et canaux, utilisaient également des oyas.
A la renaissance, on arrosaient les plantations avec des seaux en bois,
puis avec des cruches percées enfin avec des arrosoirs.
Pelouses, massifs, jardins des particuliers,
et des collectivités ont été par la suite arrosés par aspersion,
sous forme de pluie, à l’aide de couronnes de tuyaux branché sur un « tourniquet »
que la pression faisaient tourner, pour tout arroser en même temps.
Dans les espaces collectifs il fallait tout démonter tous les soirs,
un bon jardinier roulait plus d’une dizaine de couronnes de tuyaux tous les soirs.
Cependant une partie des jardiniers amateurs,
restent fidèles à leurs arrosoirs pour les petites taches …
D’autres creusent des cuvettes profondes autours de leurs plantations
arbres, légumes, qu’ils remplissent abondamment permettant à l’eau de s’enfoncer dans le sol,
puis oublient la plante quelques jours pour l’inciter à descendre ses racines à la cherche de l’eau.
Les jardiniers professionnels ou amateurs,
agissent de même lors de la plantation d’arbres,
de massifs d’arbustes ou même de plantes vivaces et annuelles,
on appelle cette opération le « bornage » qui permet de « coller »
à la motte les éléments fins du sol pour faciliter l’enracinement.
Couronne d'arbre pour arrosage
Cette pratique a inspiré un système d’arrosage dit de « goutte à goutte »
qui se caractérise par des lignes de tuyaux percés de goutteurs,
de différents diamètres en fonction des cultures,
situé au pieds des plantes pour n’arroser que la plante et non la terre.
Ces lignes peuvent être soit posées sur le sol et recouvertes ou non de paillage,
soit enterrées au niveau des racines.
Le premier système est plus facile d’entretien,
car on doit de temps en temps surveiller les goutteurs qui peuvent se boucher ou même se démonter.
Néanmoins ce type d’arrosage apporte une grande précision,
facilite la réduction de la consommation d’eau,
est insensible au vent qui entraine des pertes,
peut être combiné avec une fertilisation,
et réduit considérablement les problèmes d’enherbement.
Dans le même style des tuyaux poreaux enterrés sont apparus,
moins cher, moins précis,
ils ont tendance à ce colmater en fonction de la composition du sol.
Néanmoins ils sont très utiles pour la réalisation d’installations temporaires type jardins éphémères.
Puis l’arrosage automatique est arrivé dans les années 1980,
une vraie révolution pour les jardiniers, moins pour les jardins…
Après une période d’euphorie on s’est aperçu des faiblesses de ce dispositif
qui entraine une perte considérable d’eau,
surtout si les arrosages sont effectués aux heures les plus chaudes, ou par grand vent.
De plus l’arrosage uniforme sur l’ensemble du jardin ou terrain entraine une pousse d’adventices,
la majorité des plantes ont d’ailleurs modifiées leurs systèmes racinaires
en privilégiant les racines superficielles afin de capter un maximum d’eau
au détriment des racines profondes,
ce qui explique que dès que le soleil tape un peu plus que d’habitude,
ces plantes sèchent rapidement.
Sacs d'irrigation
Pour permettre une gestion raisonnée de l’eau,
le sac d’arrosage pour arbres
délivre lentement l’eau nécessaire à la reprise des végétaux
(5 à 9 heures) directement aux racines
Très utilisés en Allemagne, ce type d'arrosage peine à s'imposer en France
Idéal pour les nouvelles plantations.
Infiltration dans le sol de 100% de l’eau.
Pas de ruissellement.
L’eau pénètre en profondeur.
Favorise la croissance des racines.
1 ou 2 remplissages par semaine (ou selon besoin).
Facile et rapide à installer et à remplir (sans outil)
Toutes ces raisons font qu’aujourd’hui ce système n’a plus la côte
et de nombreuses municipalités les « démontent », n’arrosant que les massifs,
D’autres plus riches, investissent dans des sondes hydriques,
reliées à un programme informatique qui permettent d’adapter la quantité d’eau distribuée aux besoins des plantes.
Dernière évolution en date les « Oyas, ou ollas (mot pot en espagnol) »,
enfin si l’on peut dire car ce système est vieux de plus de 4000 ans.
Petits pots en argile poreux, enterrés dans le sol à proximité des plantes,
ils resituent l’eau aux plantes par capillarité en fonction de ses besoins.
Ce système a longtemps été oublié,
il a suffi que durant deux années le Festival des jardins de Chaumont
sélectionne deux jardins mettant en scène des oyas
pour que les médias s’en fassent échos et que le monde les redécouvre.
2019 le festival a pour thème « jardin de paradis »
Sandrine Tellier, paysagiste et Sophie Kao Arya artiste
réalisent un des plus beaux jardins du festival intitulé « Elixir floral »
il a en outre la particularité d’être équipé d’oyas.
Prix coup de cœur du jury.
2022, le festival fête ces 30 ans avec pour thème « Jardin idéal »,
« Archigroup » : Aymeric Dufour paysagiste et Thibault Flavigny architecte »
crée le jardin « Grenade », autour des oyas,
« De grandes oyas, habituellement souterraines et invisibles,
émergent au centre du jardin telles des fleurs géantes.
Elles déploient de grands pétales, afin de recueillir les eaux de pluie ».
Aujourd’hui on en trouve partout,
c’est le phénomène « Chaumont »,
de toutes tailles et de toutes formes on trouve même des tutos sur le net pour en réaliser soit même.
Les collectivités et les particuliers les utilisent avec bonheur,
(toutes les plantations d’arbres du Parc de la Tête d’Or de Lyon sont accompagnées d’oyas
pour subvenir aux besoins d’eau de ces jeunes arbres durant les deux ou trois premières années,
la ville de Rodez dans l’Aveyron en a équipés ses gros bacs place de l’hôtel de ville…).
Ville de Rodez
- Adapter son arrosage à son sol :
En sol sableux,
apporter des petites doses fréquemment pour éviter que les plantes meurent de soif,
en effet ce type de sol ne retient pas l’eau.
Un système de goutte à goutte, un tuyau poreux, des oyas
ou un arrosage par aspersion équipé d’un programmateur
permettant à l’eau de s’infiltrer lentement sont tout à fait adaptés à ce type de sol.
En sol argileux,
arroser moins fréquemment, une à deux fois par semaine, mais plus longtemps.
Le goutte à goutte ou l’arrosage par aspersion est tout à fait adapté à ce type de sol.
Oubliez les tuyaux poreux et les oyas qui se colmateront avec la terre argileuse.
En sol limoneux,
éviter d’arroser la surface du sol concentrez-vous sur les plantes,
ce type de sol a une capacité de rétention limitée,
il doit donc être arrosé souvent en petite quantité pour éviter que l’eau ne s’écoule trop rapidement.
Les tuyaux poreux et les oyas sont à proscrire.
Date de dernière mise à jour : 2026-04-20
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