12 DESAPPRENDRE C'EST ACCEPTER D'APPRENDRE AUTREMENT: LES SOLS
JARDINER C'ETAIT MIEUX AVANT ?
12
FEVRIER 2026
Connaitre son sol
Cela peut paraitre étonnant,
mais autant les jardiniers amateurs ainsi que certains jardiniers associatifs, professionnels, ou maraichers,
connaissent leur sol, le bichonnent, l’amendent, le surveillent …,
autant une grande partie des jardiniers actuellement en poste dans les collectivités
ne connaissent pas le sol qu’ils travaillent.
Il faut dire, pour leur défense, que durant de très nombreuses années les sols
n’étaient pas étudiés dans les écoles d’horticulture.
De plus dans les collectivités les sols ont été bien souvent rapportés et peuvent différés d’un site à un autre.
Comment expliquer cette anomalie ?
Par le manque de curiosité un bon jardinier doit être curieux !
(ce qui n'est pas toujours le cas dans les services espaces verts, où l'emploi est souvent alimentaire)
Les jardiniers amateurs, tout comme les professionnels maraichers
savent que leur terre est un bien précieux, d’elle, dépend leur future récolte, leurs légumes et leurs fruits.
Le jardinier de ville s’en moque, il n’a pas d’impératif de récolte.
Un bon sol doit être fertile,
il doit pour cela être amender régulièrement,
apport de matières organique, fumier, paillage, engrais verts….
on a intérêt de mixer plusieurs techniques entre elles, car elles sont complémentaires,
Identifier le PH de votre sol.
Le PH ou potentiel hydrogène est une mesure de l’activité chimique du sol.
De cette mesure dépend sa fertilité et donc par voie de conséquence du bien-être de vos plantes.
Un jardinier doit connaitre le PH de son sol.
Outre le test du vinaigre (on verse un peu de vinaigre blanc sur votre terre,
s’il se produit une réaction effervescente, votre sol est calcaire,
si la réaction est faible ou nulle votre sol est soit alcalin soit neutre).
Des tests, plus fiables, type bandelette PH que l’on trouve facilement en jardinerie
permettent à l’aide d’indicateurs colorés d’identifier de degré d’acidité du sol.
Un PH neutre est à 7, une mesure inférieure à 7 est un PH acide et supérieur à 7 un PH alcalin.
Identifier son type de sol
Tout comme le PH, un jardinier doit connaitre et identifier la nature de son sol.
Vous pouvez le faire analyser en laboratoire,
ou pratiquer chez vous quelques tests faciles à réaliser
comme le test de la bêche, celui du boudin, celui de la stabilité structurale dans un bocal, ou de la sédimentation….
Sans être aussi approfondie qu’une analyse complète,
on peut également se contenter d’observer et de déduire.
Terre humifère
-Si votre terre est noire, légère et retient l’eau,
si vous remarquez une végétation composée de fougère, d’ortie, de bruyère, ou de genet
votre terre a toutes les chances d’’être une terre humifère.
Vous pourrez l’amender avec de l’argile ou de la chaux pour atténuer son acidité.
Terre argileuse
-Si votre terre est lourde, compacte, collante, dure à travailler, si elle retient l’eau et l’engrais,
si la végétation qui y pousse est composée de pâquerette, boutons d’or, liseron, plantain et pissenlit
votre terre est argileuse.
Ajouter du gros sable, du fumier et de la chaux tous les 3 ans.
Terre calcaire
-Si votre terre est blanche, caillouteuse, compacte, collante, ne retient pas l’eau,
que la végétation qui la colonise est composée de chardon, de sauge, de trèfle blanc, de coquelicots et de moutarde,
votre terre est calcaire,
vous pouvez l’amender avec de la tourbe blonde, des engrais verts, du sable et de la matière organiques.
Terre sabloneuse
-Si votre terre est de couleur claire qu’elle chauffe rapidement, qu’elle n’est pas compacte et ne retient ni l’eau ni l’engrais,
que la végétation qui y pousse est composée de chiendent, mourons, bruyère, genet,
votre terre est sablonneuse,
vous pourrez l’amender avec de la terre franche, de la matière organique et de la chaux si son PH est acide.
Engrais et Amendements :
Durant des années, jardiniers et services espaces verts,
ont eu la main lourde sur les engrais, le plus souvent chimiques,
former, voir formater dès les écoles d’horticultures ou d’agriculture où l’enseignement était surtout axé sur la chimie,
accompagnés par la suite dans leurs métiers, par des techniciens des grands laboratoires agrochimiques,
heureusement les choses commencent à changer
avec l’arrivé d’une nouvelle génération de jardiniers plus respectueux de la nature.
La majeur partie des jardiniers amateurs ou municipaux des services jardins
utilisaient généralement à l’époque,des engrais complets, type « passent partout », 3 fois 10 ou 3 fois 15,
c’est-à-dire la même quantité d’azote, de potasse et de phosphore.
Seules les installations sportives avait pour les plus grandes collectivités
des plans de fumure adaptées aux terrains en fonction de la qualité de leurs sols,
concoctés par ces mêmes techniciens.
Quant au monde agricole encouragé et accompagné par les grandes coopératives agricoles,
nombreux ont cessé de réfléchir et font une confiance totale aux multinationales de l’agronomie
qui élaborent pour eux des plans de fumures , histoire de maintenir ou d'augmenter leur rendement,
qu’ils exécutent au gramme prés pour le plus grand bonheur des actionnaires de la pétrochimie,
il faut dire qu'à la longue, leurs sols ne sont plus qu'un simple support de culture inerte et sans vie.
La fertilité des sols aurait chutée de 20% en moyenne, et ne se maintient qu'à coups d'engrais.
- Amendement ou engrais
Ce sont deux produits distincts qui ont deux fonctions différentes :
L’amendement est destiné à améliorer, voire à corriger les propriétés physiques ou chimique du sol,
alors que l’engrais est destiné à booster la plante en lui apportant des éléments fertilisants.
Sachant qu’Il est préférable de nourrir le sol plutôt que de nourrir la plante.
La tendance actuelle est d’améliorer la structure des sols,
donc de favoriser l’utilisation des amendements.
Les engrais verts, et les engrais organiques, plus naturels sont aujourd’hui plus utilisés.
Engrais verts
On peut semer des engrais verts,
(phacélie, lupin, vesce, trèfle blanc, luzerne, lin, mélilot, sainfoin, sarrasin, seigle…).
Ce sont des plantes à croissance rapide semées sur un sol nu,
outre les éléments nutritifs qu’elles apportent,
ces plantes décompactent le sol, font remonter les éléments nutritifs,
et une fois coupées, gelées, broyées, et enfouies pour enrichir la terre seront directement assimilable par les plantes.
La luzerne, le trèfle permettent au sol de s’enrichir en plus en azote assimilable
grâce à l’association de leurs systèmes racinaires avec à la bactérie « rhizobium » qui fixe l’azote.
Engrais organiques
Les engrais organiques, sont issus comme leurs noms l’indiquent de matières organiques,
utilisé depuis la nuit des temps, les peuples anciens,
notamment les Égyptiens utilisaient les limons des crues du Nil,
mais aussi le phosphate des os, calcinés ou non, la potasse des cendres, l’azote des déjections Animals.
Bien que naturel, ils ne sont pas forcément « bio ».
Ce sont bien souvent des sous-produits de l’élevage
comme les excréments d’animaux, fumier, guano, fientes de volailles…,
de déchets industriels sang séché, corne torréfiée, des déchets de poissons, ou aussi des boues de stations d’épuration.
On utilise aussi des matières végétales, résidus et déchets de cultures, algues, marc de raisin, tourteau de ricin ou de sorghos.
Il existe également des engrais organiques liquides comme le lisier, les mélasses et purins.
Les engrais organiques sont surtout riches en l’azote.
On peut mélange les différentes sources d’azote.
Le mélange 1/2 corne torréfiée, azote à action lente aditionné à 1/2 de sang séché, azote à action rapide coup de fouet
donne de très bon résultat pour la croissance des massifs à fleurs.
- Engrais chimiques
Les engrais chimiques, comme leurs noms l’indiquent sont chimiques d’où le problème.
Utilisés depuis le début de la fertilisation de l’ère industrielle,
ils sont reconnus pour leurs efficacités, mais présentent de très nombreux inconvénients :
Ils ont des effets nocifs pour l’environnement, pollution de l’air, pollution des eaux car ils sont rejetés dans l’eau et polluent les nappes phréatiques, rendant quelque fois l’eau impropre à la consommation.
Du fait de leurs compositions chimiques, ils peuvent provoquer des réactions allergiques, irritations, démangeaisons intoxications alimentaires, infertilité, asthme, cancer…
Leurs surconsommations entrainent un appauvrissement, voire une infertilité des sols,
car du fait de leurs compositions, acide chlorhydrique et acide sulfurique, ils détruisent les bactéries fixatrices d’azote.
En résumé, il faut les éviter autant que possible car ce sont bien souvent des produits dangereux à forte dose
pour les humains, l’environnement, et la qualité des aliments.
Amendements
Appelé autrefois, à tort « engrais de fond »,
les amendements sont en fait des éléments secs issus de compostage,
apportés au sol pour améliorer son état physique biologique ou chimique en modifiant son PH.
Ils sont incorporés en début de culture lors du travail du sol.
Il existe deux types d’amendements :
Les amendements organiques
d’origine végétale, fumiers d’animaux d’élevages, ou de compost, utilisés depuis toujours.
Incorporés en automne ou au printemps,
leur but est d’alléger les terres lourdes,
de constituer ou reconstituer les réserves de matières organiques l’humus du sol et une fois décomposés,
de nourrir le sol et les plantes, sans risque de lessivage.
Les amendements minéraux
chaux, gypse, cendre de bois, soufre, sulfate de fer, sable, argile…
améliorent les propriétés physico-chimiques des sols.
La correction du PH permet d’améliorer la structure du sol
et permet aux plantes de mieux absorber les éléments nutritifs du sol.
La Chaux permet d’augmenter le PH d’un sol trop acide et le sulfate de fer acidifie un sol trop basique.
A SUIVRE PURINS & DECOCTIONS
Date de dernière mise à jour : 2026-02-05
Ajouter un commentaire















